Un dur hiver
Il est 17 heures, mon après midi dehors est terminée. Pas de 4x4 pour transporter les balles de fourrage entreposées au bord de la route. Ce matin, la météo annonçait alerte orange, mon programme ce jour : Engranger au box des ânesses une provision de foin.
Ce jour, elles étaient donc de corvée mes nanas, et, parce que ce matin le sol était gelé et dur, je les avais parquées en haut, près de la boite aux lettres en attendant le dégel habituel des après midi.
Et c'est ce que je fis.
Sous la neige ! Dans le froid, la pluie, la boue. Je chargeais, attelais, guidais les ânesses pour, arriver, décharger et recommencer, ... et recommencer, ... et finir ce que j'avais décidé de faire.
Puis enfin, partager ici, avec vous, ces instants rudes que j'aime.
Il y en a eu des hivers rigoureux, le pire fut celui qui bloqua le chemin Barella pendant tout une semaine; gelée, glacée, impraticable était la route, depuis en bas le long du Paillon jusqu'à la petite maison du Vallon (2 km). Garçon avait douze ans, Fille dix, la chaudière était à bois et à charbon, sac de boulets et provisions sur la luge, ensemble, on tirait, poussait, glissait, c'étaient les vacances d'hiver, quel dépaysement, nous habitions alors en ville.
Je disais que j'aime les moments rudes, alors, je deviens un autre.
Je décide qu'il faut faire, et je fais. Ci dessus, ce sont des anecdotes paisibles, toutefois j'en ai vécu d'autres et avec le recul, je constate que je ne suis plus le même, je deviens froid, distant, calme, sûr de moi.
En mer, à deux reprises :
J'avais vingt ans et une grande confiance au Capitaine, il me demandait de plonger sous la quille, de lui rendre compte et de faire ... De lui rendre compte et de faire encore ... Et je faisais, faisais calmement, froidement, ce qu'il m'ordonnait et nous nous en sommes sortis.
Un échouage plus récent en mer Baltique, alors que le Capitaine gesticulait ... s'affolait ... j'étais lucide, silencieux, glacial, alors avec ma fille nous avons fait, continué et terminé la croisière.
Evidemment, je pense à Jean le Cam, et ce qu'ils font au Cap Horn, lui et ceux qui le secourent.
Enfin, j'ai honte de cette note légère en pensant à ceux qui vivent des moments tragiques à Gaza. Ils font froidement sous les ordres, ou affolés dans les pleurs.
Ce jour, elles étaient donc de corvée mes nanas, et, parce que ce matin le sol était gelé et dur, je les avais parquées en haut, près de la boite aux lettres en attendant le dégel habituel des après midi.
Et c'est ce que je fis.
Sous la neige ! Dans le froid, la pluie, la boue. Je chargeais, attelais, guidais les ânesses pour, arriver, décharger et recommencer, ... et recommencer, ... et finir ce que j'avais décidé de faire.
Puis enfin, partager ici, avec vous, ces instants rudes que j'aime.
Il y en a eu des hivers rigoureux, le pire fut celui qui bloqua le chemin Barella pendant tout une semaine; gelée, glacée, impraticable était la route, depuis en bas le long du Paillon jusqu'à la petite maison du Vallon (2 km). Garçon avait douze ans, Fille dix, la chaudière était à bois et à charbon, sac de boulets et provisions sur la luge, ensemble, on tirait, poussait, glissait, c'étaient les vacances d'hiver, quel dépaysement, nous habitions alors en ville.
Je disais que j'aime les moments rudes, alors, je deviens un autre.
Je décide qu'il faut faire, et je fais. Ci dessus, ce sont des anecdotes paisibles, toutefois j'en ai vécu d'autres et avec le recul, je constate que je ne suis plus le même, je deviens froid, distant, calme, sûr de moi.
En mer, à deux reprises :
J'avais vingt ans et une grande confiance au Capitaine, il me demandait de plonger sous la quille, de lui rendre compte et de faire ... De lui rendre compte et de faire encore ... Et je faisais, faisais calmement, froidement, ce qu'il m'ordonnait et nous nous en sommes sortis.
Un échouage plus récent en mer Baltique, alors que le Capitaine gesticulait ... s'affolait ... j'étais lucide, silencieux, glacial, alors avec ma fille nous avons fait, continué et terminé la croisière.
Evidemment, je pense à Jean le Cam, et ce qu'ils font au Cap Horn, lui et ceux qui le secourent.
Enfin, j'ai honte de cette note légère en pensant à ceux qui vivent des moments tragiques à Gaza. Ils font froidement sous les ordres, ou affolés dans les pleurs.
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