Il a grandi le petit

Il avait vingt ans le Kikou et mon pépé mon âge aujourd'hui. La terre, il la travaillait à la main, avec son "magaou". Ma tenue est celle du marin, le col enlevé et sans le "bachi" au pompon rouge.
Nous habitions alors à La Seyne depuis quatre années, la vigne est bien jeune, elle fournira le vin familial au goût de piquette que je ne retrouve plus. Le petit garçon qui voulait être une fille a bien changé. Pépé lui, semble toujours le même, toute le famille est passée de Toulon à La Seyne, toujours huit à table.
Je compare mon service militaire à celui de Djeannot, lui était un vrai marin, embarqué et parcourant les mers. Moi j'avais fait six mois à l'école de Rochefort où l'on forme les aviateurs de l'aéronavale. J'en étais sorti mécanicien et j'étais affecté à l'escadrille d'hélicoptères 23 S. à Saint Mandrier. Evidemment, il y avait une équipe de rugby dont j'étais le capitaine. Un des piliers était pilote d'essais des escadrilles et sur les stades point de hiérarchie militaire, alors la camaraderie se noue. C'est ainsi, que le gradé, chaque fois qu'il en avait l'occasion, demandait au sans grade de l'accompagner dans son Alouette.
J'ai plus d'heures de vol que de jours passés en mer. Je fus un drôle de marin dans la Royale, par contre sur mon petit bateau à voile, je parcourais la rade.
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