Les branles du mouille-cul.

Publié le par Christian

marine 2
Le parler marin, c'est un peu ce que l'on retrouve dans ce commentaire de Djeannot. Pour ceux qui ne l'aurait pas lu, le voici :

" Bon revenons à nos hamacs. Cette affaire de hamacs c'était un peu comme dans la Royale. A bord de certains navires il y avait des hamacs, sur d'autres des bannettes : Exemple : L'escorteur rapide "Le Picard" = hamacs, le Clem = banettes. Les Eymards = hamacs, Les Réaumes = plumards. Eh oui Kikou, les chaudronniers auxquels j'appartenais, avaient le privilège, cette année là, d'être mélangés aux "électros".
Les branles, puisque c'est le nom véritable, je les ai connus à bord du "Mouille-Cul " Les Picard, immatriculé F 766, appartenant à la 5° Division d'Escorteurs rapides de Méditerranée (Année 63/64) A bord de ce magnifique lévrier des mers, j'ai parcouru quelques milles de Madagascar à L'Espagne, passant par Djibouti, la Magdalena, Nice, Casablanca et autres escales.
Embarquant le 16 octobre 1963, j'ai eu la chance de bénéficier de l'emplacement d'un quillard dans le poste 4 situé à l'arrière du bateau. Seul dans 2 mètres carrés alors que mes potes étaient pratiquement  serrés comme des sardines. Certes pour les marins, les sardines c'est bien, mais imaginez un espace de 50 mètres carrés ou s'entassent  et vivent 40 matelots : ils y dorment, y mangent, y boivent (souvent) y réfléchissent (parfois), s'y lavent (rarement). Pour pouvoir "crocher" les hamacs, obligation de démonter les tables et inversement.
Ah oui,..! Les branles, d'où l'expression "branles bas" c'est soit décrocher les hamacs afin d'aller se battre...! marine de guerre oblige, soit prendre le quart, (Ne pas confondre avec le car pour les permissionnaires...!) Un jour je vous raconterai la grève des permissionnaires de l'équipage du Picard à Majunga. C'est resté dans les annales de la Royale.
Bref le hamac, possède un matelas qui est glissé dans un réceptacle réalisé à cet effet. Les petit matelots, non amarinés, la première fois, se glissent EUX, dans cet espace..! Ca fait rire les anciens. Quand aux couvertures, elles ne doivent jamais déborder. Je me souviens d'un sacco, pardon...d'un ange gardien de la discipline du bord, qui descendit un jour dans le poste en vociférant : - Qu'est ce que c'est ce B......L.! Pas de couvertures qui débordent.
Il doit encore se souvenir du poids de la chaussure qu'il a reçu à travers la G.....!
C'était ça, entre autre notre Marine ! "

ET, parce que l'on n'arrête pas Djeannot; la suite dans un autre commentaire :
 
bateau-toulon 1
" Tu nous parles de "cordelettes" pour attacher les hamacs... Crime de lèse marins. Dans la Royale il n'y a pas de cordes et encore moins de cordelettes. Tout au plus une corde est accrochée au battant de la cloche, mais c'est bien la seule. A bord tout n'est que bouts et aussières. Donc l'araignée de ton hamac est faite de bouts, lesquels sont capelés sur un anneau. Cet anneau qui sert à "crocher" le branle pour s'en aller dans les bras de Morphée.
Un vrai bonheur, lorsque l'on est amariné et que l'on est capable de tenir debout dans ledit hamac, un vrai bonheur disais-je que de s'y reposer. Fi du tangage et du roulis, il reste quasiment horizontal. Lorsque par mauvaise mer...Pardon la mer n'est jamais mauvaise, elle est grosse, par grosse mer donc, lorsque l'équipage marche sur les cloisons, toi peinard, dans ton hamac tu roupilles, rêvant des Iles sous le Vent. Dans la Royale les navires étaient "décafardisés" tous les six mois. Une opération qui consistait à vider le bateau de tout son équipage, de fermer toutes les issues, et d'y jeter moult produits dangereux pour les cafards. A l'époque on ne savait rein de la dangerosité pour les homos sapiens sapiens. Bref, on profitait de cette opération pour changer de hamac : Draps, couvertures, toiles et matelas mais pas les araignées... Tu vois Kikou, sectaires qu'ils étaient les nettoyeurs, ils tuaient les cafards mais pas les arachnidés.
Aujourd'hui encore je cherche un véritable hamac, comme j'ai eu le bonheur de connaître dans la Royale... pas encore trouvé mais je persiste. C'est ma Danièle qui en fera une tête lorsque je crocherai le branle dans la chambre...! "

Et pour ceux qui n'auraient pas tout compris, chez la Dame de nage, un dictionnaire des mots marins.


Depuis que j'ai retrouvé Djeannot, je me dis " Il doit y avoir un style typiquement Toulonnais."  Allez donc voir là, vous lirez comment à Toulon on parle politique !

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Commenter cet article
L
<br /> <br /> MOi j'en ai un de branle dans lequel dort mon fiston crocheté à un mousqueton pitonné dans le mur de sa chambre. Je l'ai récupéré de mon papa ancien de la Royale ;o)<br /> <br /> <br /> <br />
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D
Kikou...Tiens voilà comme qu'on cause à Toulon....à la raille. Buone jornade, kè ?La lettre au Père Noël en toulonnais  « Adieu, Papa Noël (adieu, chez nous, ça veut dire « bonjour »). Adieu, Papa Noël, qué mé dis ? Bien ou bien ? Pasque ma foi, ici, c'est un peu le oaï. Bien sûr y'a pire ailleurs, y'a un moulon de pays où le sang coule à flots, où les gens sont dans une misère inimaginable, peuchère. Mais bon, entre le errecété, les travaux du tramway tunnel deuxième tube qu’ils mettront pas 9 ans fan de chine… ! les bouchons monstres où dégun ne peut plus bouger dans les rues de  Toulon, les emboucanades politiques et les rues couvertes de  bordilles, Toulon, c'est pas vraiment le pays merveilleux des lutins. Non, je vais pas rouméguer, je vais pas marronner auprès de toi,  pasqu'en plus j'imagine que tu dois être en train de t'escagasser à  préparer tout ce qu'il faut, à gansailler ces mouligas de lutins pour  qu'ils se bougent le tafanàri, et même à préparer ton costume, parce  que tu vas descendre habillé comme un chapacan ; je sais que tous les  24 décembre tu donnes un coup de pied dans l'armoire à glace et tu  t'habilles trop méchamment.   Bon, alors je vais pas te mettre la tête grosse comme une coucourde,  ni faire la viole avec toutes mes paroles, mais il faut quand même que  je t'explique. J'ai pas été très sage. Pas méchant, non. Mais j'ai  fait des cagades, je me suis manqué en pagaille, je me suis souvent  engatsé pour rien, j'ai été parfois une vraie feignasse, j'ai remis au  lendemain des trucs que je pouvais faire d'entrée, je me suis mis dans  des engàmbis pas possibles, je me suis parfois encagné alors que dégun  ne voulait m'emboucaner, j'ai cassé les amandons à des gens qui me  voulaient du bien, et en plus, au lieu de rester modeste, j'ai eu  tendance à faire le càcou et à vouloir toujours avoir raison. Bref,  j'ai fait le pagalènti toute l'année.  Du coup, je vais pas marquer-mal en te demandant plein de cadeaux,  mais juste une chose, Papa Noël. Depuis que je suis minot, je sais que  tu mets de la magie de longue dans le coeur des gens. Alors cette année  encore, même si sur Terre tout part en biberine et si moi, de mon  côté, je me comporte comme un vrai tchapacan, fais-moi encore un petit  cadeau : mets un peu de magie sur nos jours et dans nos coeurs, surtout  pour les pitchouns, tu serais brave. Allez vaï, mets bien ton capèou que tu risquerais de prendre froid,  et ça me ferait de peine. Merci, Papa Noël. Aïoli sur toi.LYB
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D
-- Kikou : Qand tu penses que j'ai été dans la marée....chaussée, évidemment je ne puis que me souvenir des marées car les chaussettes à clous furent un mal nécessaire, mais je ne renie pas, de loin je préfère la marine fut-elle nationale. Dans la Royale comme dit "La Dame", je suis tombé dedans lorsque j'étais petit car fils de marin. Très tôt le Premier-Maître Eugène nous emmenait à bord  pendant ses dimanches de service. Une autre époque pendant laquelle, nous avions des bâteaux, il y avait des marins. Le père Eugène qui avait l'imagerie facile disait : - A Toulon les jours de paie, dans la rue d'Alger tu pouvais marcher sur les pompons.Va donc essayer aujourd'hui de croiser un popeye pour lui toucher le pompon...Il nous reste quelques barluts, mais ils sont furtifs...comme les marins en goguette dans Toulon.Donc ces dimanches de grands bonheurs, nous étions invités à bord, au poste des boeufs...Après la guerre c'étaient de grands festins : poulet srôtis, frites et en entrée asperges mayonaise (Montée à la main bien sur..)A propos du poste des boeufs (les maîtres à bord..) Jusqu'au 19°siècle les animaux vivants étaient embarqués afin de servir de pitance à nos valeureux marins. Puis vint les réfrigérateurs, plus d'animaux vivants. On récupérait ainsi un espace alors voué aux bovidés et l'on y logea les "Maîtres" qui sont devenus dans notre parler matelot "Les boeufs"Dame de nage : Tu sais pourquoi l'appelation "La Royale" de notre Marine. Celà ne tient pas à nos différents monarques mais tout simplement à la rue pariesienne qui abrite (plus pour longtemps) la direction de la Marine nationale.Excuse mon tutoiement que j'ai facile mais comme disait un marseillais célèbre : J'ai atteint maintenant un âge où je tutoie tout le monde et tout le monde me vouvoie..." Et puis à bord, dans la tempête, sous les embruns, s'il nous fallait employer dans l'urgence ce lange chatié....: Je vous prie de m'excuser de vous demander pardon....! Trop tard la vague est passée. :- Un homme à la mer....!Et puis un jour si celà vous intéresse je vous causerai des tapes de bouche... Connaits?Bon je vais crocher au poste de veille.!Mise bas les feux.
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D
Kikou.!  On parle de politique à Toulon, comme on en parle dans toute la France "d'en bas". Il n'y a pas de particularisme toulonnais. Par contre, Telo Martius, ville de garnison portuaire et méridionale, dispose d'un parler particulier fait de provençal, de breton, d'alsacien, de chti, basque et autres provinces. Une mosaïque qui fait notre richesse. Pour la Marine argotique, tiens cadeau.....  Embraquer le mou: D’aucuns esprits étroit, voire maritimes incultes, vont penser qu’il s’agit là d’une attaque à main armée dans une charcuterie, afin de braquer le caissier pour obtenir du mou pour le chat de la voisine…(ou pour sa chatte…) ! Il n’en est rien braves gens de la S.P.A.. C’est une manœuvre qui à bord permet de retendre un cordage qui s’est distendu. Expression également employée par la femme du marin à destination de son vieil époux rentrant d’une  longue campagne de pêche.
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M
Bonne journée...
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