Le dortoir aux hamacs

Publié le par Christian

bateaux toulon 5
Revenons à ces années d’apprentissage, plus particulièrement au mois de vacances qui se déroulaient dans les hautes Alpes, à Embrun.
Je découvrais cette région à l’issue de la première année où j’avais été affecté au groupe des métallos composés d’ajusteurs, tourneurs, fraiseurs, chaudronniers. Chacun des sous-groupes était très distinct de l’autre. Le tourneur n’était pas fraiseur ; l’ajusteur ni tourneur ni fraiseur ; et les chaudronniers encore à part, parce qu’eux martelaient et que nous on coupait (le métal).
Les autres étaient les "électros"
La quarantaine d’ados découvrait la Provence  lors du long cheminement en autobus depuis Toulon.  J'y apprenais aussi l'actualité de l’époque l’affaire Dominici le long de la Durance ; puis les Alpes et enfin, le chalet  "Les Aymards"
L’ "autre" quarantaine étant affectée au deuxième chalet « Les Réaumes »

Dès notre arrivée, les premières recommandations consistaient à organiser la première nuit, une des plus mémorable ; car nous y découvrions comment dormir dans un hamac. Dans une ou deux chambrées, je ne sais plus, quarante hamacs agencés comme sur les navires de la Royale à voiles.
A bord 9 Et ce n’était pas rien !
D'abord, apprendre à monter son hamac : Les cordelettes dans les œillets, l’anneau à chaque extrémité ...
Puis  chacun à sa place dans la chambrée en coursive; avec hamacs en dessus et dessous, presque collés les uns aux autres …
Pour, dans l’ordre accéder à son poste, plier le hamac sur un anneau, ou l’accrocher au deuxième anneau pour le tendre …, s’y coucher …, dormir …, se lever … !
Malheureusement, ces souvenirs sont trop flous, Djeannot et d’autres j’espère, complèteront et raviveront ma mémoire de leurs commentaires (et photos ?).
En voici un, partiel  "La municipalité embrunaises qui s'est rendue acquéreur (des chalets), souhaitait en "refaire" un camp de vacances. Hélas, trois fois hélas, Les Réaumes et les Eymards sont abandonnés. Plus que des souvenirs...! "

J’avais intitulé cette note la « Partie de boules », ce premier titre sera pour une prochaine fois. Car en écrivant, ma mémoire s’est égarée vers ces souvenirs, et je dois choisir l’angle.
Voilà pourquoi la partie de boules est devenue le dortoir aux hamacs; la mer, toujours la mer; le grand large m'attire.

 

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D
Kikou, je suis prolixe, excuse-moi.Tu nous parles de "cordelettes" pour attacher les hamacs... Crime de lèse-marins. Dans la Royale il n'y a pas de cordes et encore moins de cordelettes. Tout au plus une corde est accroché au battant de la cloche, mais c'est bien la seule. A bord tout n'est que bouts et aussières. Donc l'araignée de ton hamac est faite de bouts, lesquels sont capelés sur un anneau. Cet anneau qui sert à "crocher" le branle pour s'en aller dans les bras de Morphée.Un vrai bonheur, lorsque l'on est amariné et que l'on est capable de tenir debout dans le-dit hamac, un vrai bonheur disais-je que de s'y reposer. Fi du tangage et du roulis, il reste quasiment horizontal. Lorsque par mauvaise mer...Pardon la mer n'est jamais mauvaise, elle est grosse, par grossemer donc, lorsque l'équipage marche sur les cloisons, toi peinard, dans ton hamac tu roupilles, rêvant des Iles sous le Vent.Dans la Royale les navires étaient 'décafardisés" tous les six mois. Une opération qui consistait à vider le bateau de tout son équipage, de fermer toutes les issues, et d'y jeter moult produits dangereux pour les cafards. A l'époque on ne savait rein de la dangerosité pour les homos sapiens sapiens. Berf, on profitait de cette opération pour changer de hamac : Draps, couvertures, toiles et matelas mais pas les araignées... Tu vois Kikou, sectaires qu'ils étaient les nettoyeurs, ils tuaient les cafards mais pas les arachnidés.Aujourd'hui encore je cherche un véritable hamac, comme j'ai eu le bonheur de connaître dans la Royale... pas encore trouvé mais je persiste. C'est ma Danièle qui en fera une tête lorsque je crocherai le branle dans la chambre...!
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C
Djeannot, ne t'arrêtes pas.Que voilà un vrai vocabulaire marin. Je vais en faire une note.
D
Coucou, je suis reviendu de la capitale.J'adore passer quelques jours au centre culturel de la France, parceque vous me direz tout ce que vous voudrez, la culture c'est Paris. N'en déplaise aux provinciaux que je "sommes", à titre d'exemple hier i y avait un choix de 2550 spectacles à Paname. N'est pas pris en compte le show-froid de l'autre guide, le gars d'Affy.Bon revenons à nos hamacs. Cette affaire de hamacs c'était un peu comme dans la Royale. A bord de certains navires il y avait des hamacs, sur d'autres de banettes : Exemple : L'escorteur rapide "Le Picard" = hamacs, le Clem = banettes. Les Eymards = hamacs, Les Réaumes = plumards. Eh oui Kikou, les chaudronniers auxquels j'appartenait, avaient le privilège, cette année là, d'être mélangés aux "électros".Les branles, puisque c'est le nom véritable, je les ai connus à bord du "Mouille-Cul " Les Picard, immatriculé F 766, appartenant à la 5° Division d'Escorteurs rapides de Méditerranée (Année 63/64) A bord de ce magnifique lévrier des mers, j'ai parcouru quelques milles de Madagascar à L'Espagne, passant par Djibouti, la Magdalenna, Nice, Casablanca et autres escales.Embarquant le 16 octobre 1963, j'ai eu la chance de bénéficier de l'emplacement d'un quillard dans le poste 4 situé à l'arrière du bateau. Seul dans 2 mètres carrés alors que mes potes étaient pratiquement  serrés comme des sardines. Certes pour les marins, les sardines c'est bien, mais imaginez un espace de 50 mètres carrés ou s'entassent  et vivent 40 matelots : ils y dorment, y mangent, y boivent (souvent) y réfléchissent (parfois), s'y lavent (rarement). Pour pouvoir "crocher" les hamacs, falait démonter les tables et inversement.Ah oui,..! Les branles, d'où l'expression "branles-bas" soit décrocher les hamacs afin d'aller soit se battre...! marine de guerre oblige, soit prendre le quart, (Ne pas confondre avec le car pour les permissionnaires...!) Un jour je vous raconterai la grève des permissionnaires de l'équipage du Picard à Majunga. C'est resté dans les annales de la Royale.Bref le hamac, possède un matelas qui est glissé dans un receptacle réalisé à cet effet. Les petit matelots, non amarinés, la première fois, se glissent EUX, dans cet espace..! Ca fait rire les anciens. Quand aux couvertures, elles ne doivent jamais déborder. Je me souviens d'un sacco, pardon...d'un ange gardien de la discipline du bord, qui descendit un jour dans le poste en vociférant : - Qu'est ce que c'est ce B......L.! Pas de couvertures qui débordent.Il doit encore se souvenir du poids de la chaussure qu'il a reçu à travers la G.....!C'était ça, entrautre notre Marine.Désolé Kikou, mais au Réaumes, bourges que nous étions, pas de hamac.
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C
C'est là un bien beau et vrai témoignage cher Djeannot ! Nous avons eu la chance de faire notre service dans la Marine. Beaucoup, voire tous, en gardent des souvenirs ... qui n'arrivent qu'en mer.
B
Ah les beaux métiers... et les belles vacances;  aujourd'hui ils font de la "productique" bourrée d'électronique et d'informatique, est ce mieux ?
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C
Hé oui Boguy, la productique, c'est ce que j'ai enseigné.Une réflexion sur la formation et ses contenus et ce que l'on devient serait d'actualité. J'y pense, et les nombreux enseignants qui passent ici auront à dire.ex : élèves 44h/s à l'école pendant 3 ans; dont 24 h/s devant l'établi à l'étau avec une lime.La réflexion est : que se passait-il dans nos têtes ? Et là ! on avait le temps de penser, réfléchir, comprendre ce que l'on faisait ... on se construisait dans nos tête ... comme dit Claudio ; Penser c'est Agir !
E
J'ai lu la série d'articles sur ce thème et c'est intéressant, ce témoignage. J'ai cru comprendre que vous étuez devenu enseignant  par la suite ?
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C
Ensuite, dès 23 ans (et déjà 6 ans d'expérience) j'ai eu la chance de devenir étudiant à Paris (ENSET) et devenir professeur pour partir 10 ans en coopération en Afrique du nord et revenir à Nice.
M
ce sont de beaux souvenirs...
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C
Souvenir de privilégiés.