Les escaliers du village

Le kinéthérapeute chez qui je retrouve petit à petit le bon usage de mon épaule, me fait déplacer régulièrement au pied du village. Le cabinet de soins se situe tout en bas, à la Grave. Hier j'ai entrepris, (cinquante ans que je ne l'avais fait), de gravir par les innombrables escaliers le piton qui conduit au village. L'angoisse est le souvenir d'enfance qui me prenait en regardant tout en haut. Mes petites jambes, à l'idée de gravir marche après marche cette montagne, étaient d'avance toutes fatiguées. Je voulais retrouver l'émotion de l'enfance.
Ce fut trop facile ! Je n'ai pas éprouvé ce qui était resté dans ma mémoire, je n'ai pas compté les marches, je n'avais pas besoin de m'arrêter pour reprendre mon souffle. Je ne m'accrochais pas à la jupe de ma mémé ...
J'imagine ce que ma grand mère et ma mère devaient éprouver, elles qui portaient les valises, et accrochés à leurs basques, trainaient les quatre enfants qu'il fallait attendre avec de longues haltes.
Publicité