Poulets de ville et poule des champs
Que raconter ? Pas envie ou rien à dire ?
Je me lance sur un souvenir de parent d'élève. (Merci Joce)
Flo et Kako, encore plus que Camille habitaient au Vallon. Pas de télé à la maison, l'eau de source comme boisson, des poules, des lapins, un âne César, des abeilles ... Une vie hors du temps.
C'était un choix après notre retour de dix années de coopération en Algérie et Tunisie.
Nous avions un clapier et un poulailler, nous élevions les "bètes" et ensuite les trucidions pour les manger.
Je travaillais à Nice, les enfants y étaient scolarisés. La petite fille assumait mieux que le jeune garçon sa condition de "peckno"; ce ne devait pas être facile dans la grande ville où les petits citadins habillés à la mode comparent leurs vêtements, leurs chaussures ... parlent du séjour à la neige, des émissions télé. ...
A l'école primaire, la petite fille qui apprenait à lire et écrire comprenait parfaitement les phrases du style " La poule rousse couve ". Toutefois, sa scolarité à la grande ville, était en décalage avec sa vie campagnarde. Si le titre vous annonce que le sujet est celui des galinacets, c'est qu'au milieu des oliviers dont je broie les branches, ma tête répète, triture une idée bien terre à terre dont je me dis qu'elle vaut bien une note, puis j'oublie. Et là, la phrase lancinante qui me trotte en tête, c'est "rats des villes et rats des champs", que j'applique aux gens, aux poules et aux poulets ...
Alors, ressurgit cette histoire qui m'a fait réagir comme un parent d'élève. Parce que les parents sont ainsi, dès qu'on touche à son petit, on se révolte contre l'enseignant.
Si je vous pose la question " Que mange la poule ? " , l'enfant de la ville qui a bien appris la leçon vous répondra sans hésiter " des graines" .
Mais celui de la campagne ? Il n'a pas besoin d'apprendre, il sait !
Ma fille, les graines, la mangeoire en remplissait.
Pourtant sa réponse a été "de l'herbe ! "
Et le zéro de sanctionner, et l'enfant se révolter, et les camarades de rigoler ...
Nos poulets, pour qu'ils deviennent ronds, dodus et musclés ... en liberté on les mettait. Pour cela, nous attendions le printemps; de leur prison grillagée, les poulettes on lachait, la prairie elles envahissaient, et de leur bec avide, les brindilles d'herbe elles picotaient.
Pour l'enfant, il était là l'événement, aux beaux jours on lachait les poules ! Flo les surveillait car le renard rodait.
L'année d'après, l'enfant était scolarisée au village, tout a changé, c'était une des meilleures élèves.
Je me lance sur un souvenir de parent d'élève. (Merci Joce)
Flo et Kako, encore plus que Camille habitaient au Vallon. Pas de télé à la maison, l'eau de source comme boisson, des poules, des lapins, un âne César, des abeilles ... Une vie hors du temps.
C'était un choix après notre retour de dix années de coopération en Algérie et Tunisie.
Nous avions un clapier et un poulailler, nous élevions les "bètes" et ensuite les trucidions pour les manger.
Je travaillais à Nice, les enfants y étaient scolarisés. La petite fille assumait mieux que le jeune garçon sa condition de "peckno"; ce ne devait pas être facile dans la grande ville où les petits citadins habillés à la mode comparent leurs vêtements, leurs chaussures ... parlent du séjour à la neige, des émissions télé. ...
A l'école primaire, la petite fille qui apprenait à lire et écrire comprenait parfaitement les phrases du style " La poule rousse couve ". Toutefois, sa scolarité à la grande ville, était en décalage avec sa vie campagnarde. Si le titre vous annonce que le sujet est celui des galinacets, c'est qu'au milieu des oliviers dont je broie les branches, ma tête répète, triture une idée bien terre à terre dont je me dis qu'elle vaut bien une note, puis j'oublie. Et là, la phrase lancinante qui me trotte en tête, c'est "rats des villes et rats des champs", que j'applique aux gens, aux poules et aux poulets ...
Alors, ressurgit cette histoire qui m'a fait réagir comme un parent d'élève. Parce que les parents sont ainsi, dès qu'on touche à son petit, on se révolte contre l'enseignant.
Si je vous pose la question " Que mange la poule ? " , l'enfant de la ville qui a bien appris la leçon vous répondra sans hésiter " des graines" .
Mais celui de la campagne ? Il n'a pas besoin d'apprendre, il sait !
Ma fille, les graines, la mangeoire en remplissait.
Pourtant sa réponse a été "de l'herbe ! "
Et le zéro de sanctionner, et l'enfant se révolter, et les camarades de rigoler ...
Nos poulets, pour qu'ils deviennent ronds, dodus et musclés ... en liberté on les mettait. Pour cela, nous attendions le printemps; de leur prison grillagée, les poulettes on lachait, la prairie elles envahissaient, et de leur bec avide, les brindilles d'herbe elles picotaient.
Pour l'enfant, il était là l'événement, aux beaux jours on lachait les poules ! Flo les surveillait car le renard rodait.
L'année d'après, l'enfant était scolarisée au village, tout a changé, c'était une des meilleures élèves.
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