Les sabots
Une vraie pluie aujourd'hui, je mesure l'eau tombée au niveau atteint dans la mangeoire des animaux, déjà sept centimètres.
Demain j'irai voir le Paillon, c'est aussi notre baromètre, on le surveille et nos anciens le craignaient.
Nos amis du bord de mer à Nice prendront-ils une photo de ces mouettes qui survolent l'embouchure de nos torrents ?
On observe depuis le rivage une langue d'eau boueuse qui se répand dans la grande bleu.
C'est un peu de nos collines qui se déverse là bas en traversant la ville
La colline, celle que je gravis tous les jours et me conduit tout là haut vers le box des ânesses se révèle particulièrement collante lorsqu'il pleut.
Le mot péjoratif de "bouseux" celui qui désigne les "pèquenots", me convient parfaitement. Ceux qui sont venus ici savent que les chemins autour du Vallon sont bruts de terre, et lorsqu'il pleut la marne est visqueuse, envahissante, éclaboussante, on en a plein les bottes, on la trimbale partout.
Alors imaginez quand on rentre, on sort, ... on rentre on sort ...on ...
Et me revoilà quelques années en arrière au cabanon des oliviers, c'est là haut que mon papa Breton reconstruisait la vieille ruine et remettait en état l'oliveraie. C'est la même glaise qui collait à ses pieds, c'est encore celle là que Camille foulera.
Mais mon papa avait sa solution, les galoches, les sabots, le claquement du bois sur le sol, il a toujours vécu avec. Dans la maison, les pantoufles, quand on sort les sabots.
On reste debout, pas de lacet, le pied dans la pantoufle on enfile le sabot. Et quand on sort du sabot, le pied est dans la pantoufle.
Si cela continue, je vais m'y mettre; car nous avons besoin d'eau et j'aimerais que ça dure ...
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