EUROPE, intervention de Flo

Intervention sur les enjeux des européennes

Réunion publique du 28/05/09

Florence JAMBOU

Directrice du Centre d'Information sur les Droits des femmes et des familles de la Seine Saint Denis

Représentante du Parti de Gauche

Comité de Clermont de l'Oise

Enjeux démocratiques et politiques

 

Il est bien malheureux qu'en 2009 nous ne débattions pas de ces élections européennes qui nous attendent ce 7 juin, également jour de la fête des mères. Le pouvoir des images en font seulement un enjeux national, un combat de coqs, oubliant inlassablement le peuple qui a besoin d'être informé avant d'aller voter et pouvoir choisir en conscience. C'est comme si, ceux qui nous gouvernent et à tous les échelons, voulaient que l'abstention l'emporte afin de maintenir leur place en ôtant cette question des européennes et celle de ses enjeux au peuple pourtant décisionnaire souverain. Comme s'il s'agissait de se garder un secret, un simple secret qui leur permet d'être là où ils sont, s'y maintenir et ne détenir qu'à quelques uns les ficelles d'un projet élaboré depuis 30 ans alors que cette question est l'affaire de tous.

 

Avant toute propagande et avant d'afficher toutes consignes de vote, l'approche éducative citoyenne est fondamentale. Or, que ce soit à la télévision ou dans les journaux, je ne vois pas de spécialistes ou professeurs de droit user de leurs savoirs pour éclairer et défendre la science des écrits  ne pensant même plus à leurs anciens étudiants qui avaient payé leurs frais d'inscription à l'Université. Pourtant c'est là que j'ai appris et acquis les convictions qui sont les miennes et pensé que le peuple avait acquis son éducation .Désormais citoyenne et active, ce temps autrefois mis à disposition pour me plonger dans ces écrits me manque et ai été surprise de ne pas trouver des petits fascicules actualisant ce que j'y avais appris.

 

Je m'étais arrêtée à 2000, OMC, Seattle...

De 2000 à 2009, je n'ai trouvé que 2005... un projet de traité constitutionnel européen qui a fait perdre la tête aux internationalistes dans la confusion des genres... entre traité et constitution... La cohérence ne serait-elle finalement que politique aux détriments de nos règles sensées nous protéger?

 

Alors pauvrement, de ci, de là, je félicitais néanmoins l'initiative de mettre en place une réunion publique sur les enjeux des européennes. Mais avant d'en aborder les enjeux je retraçais ce que sont ces élections européennes.

 

Comme en 2005, il s'agira pour la seconde fois par les urnes de nous exprimer directement sur l'Europe que nous voulons et une nouvelle occasion de nous réapproprier notre vote comme celle d'affirmer la nécessité de changer enfin de cap. Pourtant que nous ayons voté, oui ou non, le traité de Lisbonne a bien été signé par la France en 2008 car ratifié par le second mode possible en niant notre capacité et notre pouvoir de décision, nous le peuple appelé à nous prononcer. Un véritable déni de démocratie et  un défaut d'exemplarité nous est imposé par ces représentants qui de facto ne nous représentent plus. Si F. Mitterrand avait instauré la ratification de chaque traité européen par le peuple, c'est qu'il ne devait pas en être autrement. La crise de confiance, voilà ce qui nous attend.

 

Pourtant, nous ne devons pas nous résigner. C'est ce qui est attendu et c'est ce que nous ne devons absolument pas faire. Ne serait-ce que par solidarité pour ceux qui vivent la crise alimentaire dans les pays du Sud, ce deuxième hémisphère du Monde. Ils attendent de nous cette autodétermination et cette capacité à dire stop et enfin dire non à cette maximalisation des profits comme à ce libéralisme économique.

 

Le 6 juin dans les DOMTOM et le 7 juin 2009, 492 millions d'Européens vont se prononcer à cette date ou concomitamment à cette date. Dans 27 pays de l'Union Européenne pour 736 eurodéputés. 75% de nos lois françaises sont issues du parlement européen. Argumentation de taille pour aller voter!

En France nous voterons dans 8 grandes régions pour 72 eurodéputés. 10 pour la grande région nord Ouest. 13 pour l'Ile de France... Et, on ne vote qu'une seule fois. La répartition des sièges se fait à la représentation proportionnelle de la plus forte moyenne. Nous avons ainsi une possible intervention à hauteur de 10%.

 

Le processus législatif européen n'a rien à voir avec notre V° république. Nous n'avons plus la séparation des pouvoirs. Le pouvoir législatif n'est pas séparé de l'exécutif. En effet, la co-décision entre le parlement européen (législatif) et le conseil de l'Union (exécutif) est le mode principal d'établissement des règles européennes. Faîtes le compte des gouvernements Français, Allemand, Italien, Polonais, Anglais...pour vous rendre compte que l'exécutif européen en place défend déjà l'enrichissement de quelques uns et la concurrence entre les peuples pour une grande moitié du processus législatif européen.

 

D'autant que la 7ème législature européenne (2009-2014) pour 5 ans aura pour tâche de définir les règles dans l'Union et donc en France sur la sécurité au travail, le temps au travail, la protection sociale, l'environnement et les OGM ainsi que la sécurité maritime et du transport.

 

Jusqu'à présent et dans la précédente législature comptant 785 députés ( nombre diminué à 736 aujourd'hui avec 2 nouveaux pays entrants en 2007), 7 groupes politiques se sont constitués: le Parlement Populaire Européen (PPE) c'est la droite européenne avec 285 eurodéputés, le Parti Socialiste Européen (PSE) avec 215 eurodéputés, l'Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l'Europe ( 102 euro députés), l'Union pour l'Europe des Nations (UEN)  avec 44 eurodéputés, le groupe vert et alliance libre européenne ( 42 eurodéputés), la gauche unitaire européenne et la gauche verte nordique ( 41 eurodéputés) le groupe indépendance démocratie ( 24 eurodéputés) et les non inscrits en groupe politique n'ayant pas la vingtaine d'eurodéputés pour se constituer en groupe politique...

Retenons les deux courants “mastodontes” PPE/PSE: Mais quels sont les retours que nous en avons? Aucun. La seule image qui me vienne à l'esprit est celle des sièges des eurodéputés français inoccupés!

 

Alors, le premier enjeu pour ces élections européennes est un enjeu démocratique.

Au moins intéressons-nous à cette nouvelle gouvernance contemporaine qui a tout juste 30 ans. Intéressons-nous aux compromis qui vont se mettre en place, exigeons des comptes...

Ne laissons pas les choses se figer dans le marbre... l'enjeux est plus que de taille. Même s'il n'est pas encore acquis, car je le crois en son commencement, ne nous laissons pas voler notre vote: réapproprions-nous le...

Voulons-nous une harmonisation des salaires vers le haut en Europe? Voulons nous instaurer une politique qui impose à l'économique des normes sociales et environnementales? Voulons-nous intervenir en empêchant les délocalisations? Voulons-nous que toutes ces choses nous échappent?

En politique interne, ne devons-nous pas avoir confiance en ceux qui ont dénoncé le libéralisme économique et ce capitalisme financier avant que la crise ne vienne? Dans la durabilité, nous devons nous entourer de visionnaires.

 

Au moins avec le parti de gauche, un horizon est tracé et un cap est donné: celui de ne pas laisser faire ni laisser aller.

Au moins avec le Front de Gauche nous aurons la certitude qu'il n'y aura pas de compromis avec la droite pour la défense de nos salaires, de nos emplois et de notre planète au sein du parlement européen. Mais n'allons pas dans le catastrophisme car un front de gauche affirme que l'Europe libérale, c'est toujours non! Et que nous avons toujours le pouvoir d'agir sur notre environnement!