Le foot, la vidéo, le rugby

Publié le par Christian

Deux commentaires de deux commentateurs chez qui j'apprends.


 " Dernière tentative avant de me retirer définitivement sous ma tente: la question n’est pas refuser ou pas la vidéo, ce n’est pas une question d’outil, la question est celle du crédit apporté à une fonction symbolique, en l’occurrence être un arbitre, représenter la Loi, garantir la place de l’Autre.
Si l’outil devient surdéterminant et prend le pas sur la fonction symbolique (tous arbitres) la fonction symbolique s’étiole. C’est le syndrôme de l’équipe de France de foot avec son entraîneur…
Un homme peut être soupçonné d’être ceci ou cela, à partir du moment où il revêt l’habit du juge, alors IL FAUT CROIRE que c’est la Loi qui parle à travers lui. Ce crédit là, c’est le prix à payer si l’on veut continuer à choisir la civilisation (en retardant autant que possible l’advenue déjà palpable de la barbarie).
C’est le combat de la subjectivité humaine, de la responsabilité et de l’éthique contre la pseudo-objectivité de la technologie. `
Depuis 1870, tout le monde devrait savoir qu’il n’y a pas d’objectivité visible indépendante d’une subjectivité qui voit.
Le combat est un combat de croyances. Croire dans le progrès technologique ou croire dans l’homme, il y a un moment où les croyances sont compatibles, et il y a un moment où forcément ces croyances divergent jusqu’à devenir contradictoires.
Le rugby n’est pas le foot, et l’intégration de l’Autre, et donc de la Loi, y est imprégnée d’une toute autre histoire…
La question qui se pose in fine est présente chez Marivaux (notre Hegel à nous, très sous-estimé…) dans l’une de ses pièces l’héroïne surprise au sortir du lit avec un homme pose la question à son mari : “Je ne t’ai pas trompé, préfères-tu croire tes yeux ou mes paroles?”
Si je pouvais démontrer à tous ceux qui se pâment devant la vidéo les problèmes soulevés par la perception de l’image, et comme cette croyance n’est jamais mieux qualifiée que lorsqu’elle est dite… aveugle! :-) "



" Ma foi en l’homme est inébranlable. Mais en l’homme outillé, éduqué, responsable, lucide, citoyen, Christian. Je crois en Galilée qui a fait confiance à ses yeux observateurs et à son esprit de déduction scientifique plutôt qu’à la parole de l’Église de son temps et à la croyance répandue. La subjectivité religieuse n’aurait-elle pas dû s’incliner, sur ce terrain, devant la réalité scientifique ?
Le symbole tient le coup jusqu’au moment où quelqu’un s’en empare pour le dénaturer. N’est-ce pas ce que Monsieur Hitler a réussi à faire avec le swastika, vieux symbole universel, devenu signe d’infamie ?
Lorsque Lucien Mias inventa le demi-tour-contact qui allait donner une nouvelle dynamique au rugby a-t-il pour autant dénaturé la symbolique et la sacralité de ce que Denis Lalanne appelait « le noble jeu de l’Occident » ? Je ne crois pas. Il est demeuré pleinement dans l’esprit mais avec des outils neufs."



Ces commentaires proviennent d'un blog dédié au rugby

C'est de croyance dont il est question, mieux qu'arbitrage et sport. Derrière l'élégance et la connaissance que je perçois, j'imagine la suite d'échanges lancés ailleurs, entre l'Homme et Dieu.

S'ils passent par ici, je les salue, peut être expliqueront-ils.


Je n'apprends pas qu'à travers eux, mais en cliquant ici : Marivaux , Hegel , swastika , Galilée

 

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christian 07/07/2010 09:49



Salut l'ami Christian ! :-)


Je pars me mettre au vert sur ma Kallisté natale… ;-)


À bientôt, en te souhaitant un bel été…


cds



Didier 04/07/2010 22:32



Merci.


Je le trouve très bien formulé, le premier commentaire. Je me retrouve dans cette vision des choses ! Je suis côté foot un farouche opposant à la vidéo, par exemple. Je trouve cela furieusement
moderne. Et donc je passe pour un rétrograde :-) Qu'en auraient dit les bâtisseurs de cathédrales ? !!!