De 15 à18 et 20 heures

Publié le par Christian

Je souhaitais mettre cette photo en ligne
Il était 15 heures, brutalement, EDF en veille ..., plus d'Internet.


fresque neige2
maison neige
Rien à faire dans la maison, je m'équipe, photos sous les flocons et ...

Dodo au chaud sous la couette, par la fenêtre mes yeux rivés aux tuiles, comptent les centimètres qui s'accumullent... en me disant, vers 17 heures, "je me bouge".

C'est 17 heures.
Toujours pas d'électricité, recommandations là haut pour Camille et sa maman, bougies pour la nuit, provision de bois,  elles sont seules dans la montagne enneigées, s'il y a une inquiétude, je monte.
Ici, au Vallon, c'est le moment de donner le foin aux nanas, je grimpe à leur box, et; Opi n'est pas là !
Ce matin, j'avais constaté qu'elle s'était aventurée en bas de la vallée, alors que Lola prudente restait proche de la maison avec la jeune Bella, il ne neigeait pas encore.

vallon neige

Dans cette situation, je vrombis un tonitruant Oppp iiiiii tel la corne de brume, et la belle très loin, de me répondre d'un hiii Haaan tout aussi puissant. Cela venait du plus bas du vallon.
J'avais une heure avant la nuit pour la retrouver, constater son état, était elle blessée ? 
Equipé d'une serpe, protégé par mes gants, je me fraie un passage dans la dense végétation que je n'avais pas débroussallée depuis cette époque.

Je retrouve la belle dans la futaie envahie de poudreuse, elle se déplace un peu, je la caresse, palpe ses membres, tout semble aller, pas de blessure. Je trace la piste à coup de machette, et elle, très prudente me suit jusqu'à un ébouli où elle ne veut pas s'aventurer. Je continue donc seul, arrive à la maison et me charge d'une balle de foin pour lui permettre de passer la nuit le ventre plein afin de résiter au froid.

Toutefois, je n'abandonne pas l'espoir de la ramener, comme une carotte devant son museau, le foin a pour effet de l'attirer; je parviens ainsi à lui faire franchir les derniers obstacles. Il fait presque nuit, j'ai chaud,  je suis trempé de sueur. A présent, elle est capable seule de rejoindre son box tout en haut.

Confiant, j'agrippe à pleine main le ruban électrifié pour passer de l'autre coté.
Haiiii ... L'électricité est revenu.
Pendant que j'écrivais, trois fois nous avons été coupé.
Bonne nuit Camille, à demain.

Publié dans Anes et animaux

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La Fanchon 12/02/2010 18:42


Quelles belles histoires à écouter, auprès d'un feu de bois et peut-être en savourant un vin chaud. Merci à toi.
Lucie traverse une belle enfance.


Béa 12/02/2010 12:45


Mêmes sentiments que les autres ! J'ai lu, j'ai eu froid, j'ai eu un peu peur aussi, j'ai été soulagé, ouf !
Gros bisous plein de chaleur, Christian !


Lilou 12/02/2010 12:20


Bon sang ce que j'ai eu peur! J'étais accrochée à tous tes mots!
Seule... perdue...blessée? dans ce froid...et la nuit qui descend!!
et ... OUF!! quelle aventure! Elle va bien, je vais mieux!
Bises  Lilou


Louis-Paul 11/02/2010 22:25


Claudio est déjà passé mais il est permis de recopier, l'émotion surtout. C'est mieux qu'un conte, c'est de l'histoire d'instants présents. Je l'ai comme vécu  (avec les désagréments en moins)
mais j'ai soupiré à la botte de foin, crié à la décharge électrique et me suis inquiété pour la petite. Magie du partage!
Bonne soirée Christian.


Claudio 11/02/2010 21:09


Tu es un grand conteur Christian. Et c'est incroyable cette matière.
J'ai lu à haute voix. L'émotion de l'amitié était palpable dans la pièce.
Merci et nous sommes de tout coeur avec toi et TOUTES tes nanas.
Nous t'embrassons chaleureusement.