Si c’était à refaire, je le referais.

Publié le par Christian

« Daniel Nicolas est né dans l’agglomération de Longwy en Meurthe et Moselle le 20 juin 1932.

A 18 ans, bac en poche, il s’engage au 11ème bataillon de choc parachutiste. Libéré de son engagement, Daniel part au Canada. Il sera bûcheron au Québec, docker à Montréal, ouvrier dans une usine de papier.

L’idée de devenir prêtre lui revient. Il rentre en France et se retrouve avec les jeunes séminaristes, lui qui avait déjà baroudé chez les paras et s’était aventuré au Canada.
Il prend contact avec une équipe de la Mission de France où il se trouve à l’aise avec un monde un peu nouveau. Ordonné prêtre en 1959, il parcourt la Tchécoslovaquie , la Yougoslavie et la Grèce et à son retour on lui propose une  affectation à Hussein Dey (à Alger) qu’il accepte de bon cœur.

Dès 1960 l’équipe de la Mission de France d’une paroisse de 30 000 pieds-noirs et 100 000 Algériens a conscience d’être là pour les deux communautés. FLN, OAS, Gendarmes et militaires étaient leur quotidien.

A l’indépendance il va apprendre l’Arabe, et sur la base de ses compétences techniques en mécanique, il obtenait du Ministère de l’Education nationale un poste d’enseignant au Lycée technique de Annaba. Il y aura occupé les postes de professeur, chef d’atelier, chef des travaux de 1964 à 1975. »

 

 Je rencontrais pour la première fois un prètre ouvrier, et il était prof dans un Lycée, c'était en 1969.

 La suite nous l’avons un peu partagée, je le retrouvais à Tunis, et alors qu’en 1978 je rentrais en France sur Nice, lui, poursuivait jusqu’en 1983 pour enseigner au Lycée d’Orange pendant cinq ans et …

Repartir en Mauritanie en 1988.
Il démarre alors une aventure étonnante, il accueille chez lui une bissao-guinéenne qui était enceinte, vit les tensions communautaires entre les Noirs et les Maures, se réfugie dans les locaux de l’ONU,  fait migrer en France la maman et sa fille via le Portugal et adopte la petite Marie France dont il était le parrain.
1992 sonne le temps de la retraite. Daniel est revenu à Orange, il s’investit dans une association. C’était avant que la ville n’élise un maire du Front National, Jacques Bompard.

 

 Le « statut » de Daniel a été le plus souvent secret. « C’est un secret que personne ne connaît, disait-il de Mauritanie. Je suis doublement hors-la-loi : en professeur officiellement laïc de l’Etat français et en exerçant dans l’Education nationale d’une République islamique… » 

Ne lui demandons pas s’il a un cœur, il suffisait de l’écouter parler de Marie-France, sa fille adoptive. Il en était très fier quand, à l’age de 8 ans, elle a chanté dans Carmen, au théâtre antique d’Orange. A la télé, on n’a vu que ce petit minois noir, sûrement au grand désespoir de Bompard …

Nous étions quelques uns à le retrouver ce samedi 9 décembre pour célébrer sa mémoire.

 

Publié dans Voyages

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GéLamBre 30/07/2007 08:13

Bel hommage pour un "coopérant" pas comme les autres.
Pour le faire connaître, je l'ai mis sur mon Blog COOPERATION.
À bientôt.

Christian 04/08/2007 21:08

Je serai heureux de rencontrer par ton blog, d'anciens collègues.

Mathéo 17/12/2006 14:47

Dieu merci, la vie nous fait parfois croiser la route d’un homme comme lui, et aussitôt tout devient plus lumineux….
Bel hommage !

L U C 16/12/2006 00:39

On se sent tout petit à côté de lui.
Merci Christian pour ce portrait.

Christian 16/12/2006 07:48

Bonjour LUC.A cette heure matinale tu dois sortir de ta représentation théatrale? Et avant de te coucher tu fais un petit tour sur Internet ?Tes journées sont bien chargées cher LUC, merci de ta visite.

Vinie 14/12/2006 22:29

Bonsoir Christian, quel bel hommage que ce texte...plein de coeur et d'humanité...merci d'avoir partagé avec nous le fabuleux parcours de ce monsieur. Bonne soirée. Vinie.

Christian 16/12/2006 07:58

La soirée est passée, c'est une belle journée que je te souhaite Vinie.

boguy 14/12/2006 18:23

Quel parcours ! Et quelle humanité dans ce récit plein d'admiration pour un grand Monsieur, manifestement.