Daïda lou Pailloun ven

Publié le par Christian

paillon1

paillon2
Le Paillon coule enfin dans le fond de sa vallée. La pluie de ces quelques jours a remis en eau notre torrent.
 Mais ne vous y fiez pas, il peut être terrible. Il a été endigué le Paillon et malgré cela, il peut encore déborder. Lors de gros orages, le flot tumultueux freiné par quelques digues occupe tout le lit ici à droite. L'eau ocre peut déborder au dessus de la route. Ceci  est arrivé il y a cinq ans, quinze jours de pluie sans discontinuer, quelques villas et usines furent inondées. La passerelle sur laquelle je suis perché pour prendre ces photos avait été emportée.

Dans le goulet constitué au bas du vallon Barella, les arbres arrachés formaient un barrage, l'eau en amont s'accumulait; puis brutalement le bouchon sautait et libérait un torrent dévastateur qui jusqu'à Nice emportait tout sur son passage.
" Lou Pailloun ven " cet avertissement sensé prévenir les habitants avant le flot dévastateur ne pouvait être annoncé qu'après le passage; la parole était moins rapide que le flot. A Nice, les lavandières battaient le linge dans le lit de la rivière.
C'était avant les moyens de télécommunication.

Publié dans Actualité du Village

Commenter cet article

claude C.C. 28/11/2006 19:11

Merci Christian, je me doutais bien...

sevy 27/11/2006 19:01

l'eau le meilleur des moyens de communication ...bisousbonne soirée

Christian 27/11/2006 21:25

Oui, l'eau communique ... à Nice, une grande oréole ocre envahie le beu de la mer, et signale aux riverains qu'il pleut dans les montagnes.Bonne soirée Sévy.

claude C.C. 27/11/2006 18:13

Oh cher Christian, merci de cette attention, cette chute d'eau a bercé mes nuits de rêves d’eau. Le matin je prenais la passerelle pour me rendre à Calmette. L'été je m'asseyais à côté du petit muret. Il transpirait à peine ce Paillon, il suintait d'un murmure et quand arrivait l'automne il grondait comme un orage d'été. La chute telle qu'on la voie n'existait pas lorsque nous nous sommes installés, elle a été calculée par des géomètres qui ont fait des travaux pendant plus de six mois afin d'éviter les inondations plus bas. L’année suivante ils ont du revenir à grand renfort pour bétonner l’entassement qui n’avait pas tenu tant la colère du torrent avait été sérieuse. Les ouvriers dormaient dans des caravanes alentour la maison. Le soir on les entendait rire, chanter des chansons et battre le rythme de leurs mains calleuses d’avoir charrié les masses de gré.
 

 Les couleurs de l’automne ont enfin pris possession des lieux, bientôt sous leur pieds, emmitouflées de leurs écharpes de laine, d’autres enfants que moi,  sentiront sous leurs pieds, crisser les feuilles de platanes que le givre aura enrobé d’étoiles. Ils se retourneront encore pour attraper  sur l’autre rive un regard aimant, puis traverserons la passerelle glissante au milieu des vapeurs d’eau glacées. Le cartable au dos, au bus de 7h10, il partiront le jour encore endormi, leur petit nez gelé, les mains engourdies par le métal de la balustre affronter ce lieu hostile ou le torrent rugit et se déchaîne. Ils ne rentreront qu’à la nuit sans que cet endroit n’ait été caressé par les rayons adoucis de toute la journée. Comme moi, ils glisseront parfois sur les ridelles de bois, mais seront fiers d’avoir vaincu à la fois la nuit, le brouillard, et la peur du fauve  imprévisible qu’est « Lou Pailloun » comme un cheval au grand galop, qui traverse la plaine et ravine dévastant tout sur son passage. Daïda…

Christian 27/11/2006 21:20

Chère Claude, je pensais à vous lorsque j'ai pris ces photos. Je savais qu'elles vous interpelleraient.Ce que je ne savais pas, c'est ce qu'éprouvaient les enfants lorsqu'ils traversaient la passerelle et allaient à l'école.Ma fille et mon fils liront certainement votre commentaire, comme vous ils sont allés à Calmette, traversaient l'autre passerelle et prenaient le bus.Je croise encore des enfants qui font le même trajet aujourd'hui.Les ridelles de bois ont été remplacées par une grille légère qui ne glisse plus. Etonnament, nous n'avons pas encore eu de gelée, et le brouillard glacé ne laisse pas sa trace. Ce sera pour plus tard.

boguy 27/11/2006 13:37

Boun dilu moun cher Christian dunpei lou buro.
Est ce que le Paillon peut être à sec ?

Christian 27/11/2006 21:09

Je comprends bien ta phrase cher Boguy, ce n'est pas du Provençal, mais cela y ressemble beaucoup.Le paillon était à sec avant cette photo. Il l'est tout l'été.

khate 27/11/2006 12:04

Il y a un peu partout de ces petits cours d'eau qui impressionnent lorsqu'ils se mettent en colère mais si agréable en temps normal avec leur végétation  et le murmure d' un "petit ruisseau" .En Ariège , il y en a quelques-uns , le plus près de chez moi s'appelle le Crieu , capable d'être à sec en plein été et de déborder sur plusieurs kilomètres s'il pleut fort ou si les neiges fondent trop rapidement !
Bonne journée !

Christian 27/11/2006 21:06

J'adore les rivières et les ruisseaux des montagnes. Toutefois, quand l'eau dévalle, c'est très impressionnant. Les fortes précipitations me semblent plus nombreuses.Bonne soirée