Poulets de ville et poule des champs

Publié le par Christian

Que raconter ? Pas envie ou rien à dire ?
Je me lance sur  un souvenir de parent d'élève.
(Merci Joce)

Flo et Kako, encore plus que Camille habitaient au Vallon. Pas de télé à la maison, l'eau de source comme boisson, des poules, des lapins, un âne César, des abeilles ... Une vie hors du temps.
C'était un choix après notre retour de dix années de coopération en Algérie et Tunisie.

Nous avions un clapier et un poulailler, nous  élevions les "bètes" et ensuite les trucidions pour les manger.
Je travaillais à Nice, les enfants y étaient scolarisés. La petite fille assumait mieux que le jeune garçon sa condition de "peckno"; ce ne devait pas être facile dans la grande ville où les petits citadins habillés à la mode comparent leurs vêtements, leurs chaussures ... parlent du séjour à la neige, des émissions télé. ...

A l'école primaire, la petite fille qui apprenait à lire et écrire comprenait parfaitement les phrases du style " La poule rousse couve ". Toutefois, sa scolarité à la grande ville, était en décalage avec sa vie campagnarde. Si le titre vous annonce que le sujet est celui des galinacets, c'est qu'au milieu des oliviers dont je broie les branches, ma tête répète,  triture une idée bien terre à terre dont je me dis qu'elle vaut bien une note, puis j'oublie. Et là, la phrase lancinante qui me trotte en tête, c'est "rats des villes et rats des champs", que j'applique aux gens, aux poules et aux poulets ...

Alors, ressurgit cette histoire qui m'a fait réagir comme un parent d'élève. Parce que les parents sont ainsi, dès qu'on touche à son petit, on se révolte contre l'enseignant.
Si je vous pose la question " Que mange la poule ? " , l'enfant de la ville qui a bien appris la leçon vous répondra sans hésiter " des graines" .
Mais celui de la campagne ? Il n'a pas besoin d'apprendre, il sait !
Ma fille, les graines, la mangeoire en remplissait.
Pourtant sa réponse a été  "de l'herbe ! "

Et le zéro de sanctionner, et l'enfant se révolter, et les camarades de rigoler ...
Nos poulets, pour qu'ils deviennent ronds, dodus et musclés ... en liberté on les mettait. Pour cela, nous attendions le printemps; de leur prison grillagée, les poulettes on lachait, la prairie elles envahissaient, et de leur bec avide, les brindilles d'herbe elles picotaient.
Pour l'enfant, il était là l'événement, aux beaux jours on lachait les poules !  Flo les surveillait car le renard rodait.

L'année d'après, l'enfant était scolarisée au village, tout a changé, c'était une des meilleures élèves.




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La Dame de Nage 02/04/2009 19:55

Et que vivent les écoles rurales !Quand je connais la vie de certains élèves, j'imagine le décalage que leur procure d'entrer dans l'école. Aujourd'hui ce sont moins les différences d'environnement qui jouent mais plus les différences sociales …

Dominique Boy-Mottard 30/03/2009 03:00

C'est comme ça que les enfants apprennent le sens de la justice : par le ressenti de ce qui est injuste !Une petite pensée pour Flo au passage.

BONZOM BOSC MARIE-CHRISTINE 29/03/2009 12:38

     Mon cher Christian,Pendant DES MOIS , je n'ai pas pu t'écrire !!!! :-((((Il y avait un message " adresse erronée" !Tu nous fait voir l'enfance, là.Le mienne fut aussi semi-rurale mais j'adorais la Maison de Famille de mes grand-parents maternel!Dès que j'avais des vacances, je faisais le cirque depuis mes 2 ans, pour y aller....Tu nous donne là " UN BONBON D'ENFANCE".Merci et poutousatoi,MCBB

Christian 31/03/2009 08:38


Chère Marie Christine, que je suis content de te retrouver !


Claudio 29/03/2009 12:11

Très joli.

LChe 29/03/2009 11:57

fabuleux

Relatif à la fable.

Les divinités fabuleuses . Les temps fabuleux.


Qui a le caractère d’une fable.

La vérité est ici tellement dénaturée, le texte est si fabuleux, que je me contenterai de dire, avec l’offre de le prouver, qu’aucun aga ne s’est déshonoré par une pareille conduite, … .


(Figuré) Grandiose, incroyable, bien que réel.

Il a une chance fabuleuse au jeu.