Apprentis à 14 ans

Publié le par Christian


Epreuve dessin DAM 57
 EFT 1
 Travail des chaudronniers
 Les électros ou les radios ?
 img137  METALLIER 1
 Le bâtème des nouveaux
 Après la journée, entrainement sportif

Photos transmises par Djeannot, il prépare son troisième livre.
Que de fraternité depuis que l'on s'est retrouvé !


Je n'ai pas conservé mes cahiers et exercices réalisés dans cette école. Je n'ai pas de photos à la barre fixe ou aux parallèles, la gymnastique était le sport que je pratiquais ... Je n'ai aucun souvenir de cette cérémonie debout ou agenouillé dont l'image que je vois ici me met mal à l'aise.

Ce dont je me souviens le mieux, ce sont les heures passées à l'atelier. Debout à l'établi, devant l'étau   positionné à la morphologie de chacun, nous apprenions le travail à la  lime. Quatre heures tous les jours, huit heures le mercredi; pendant trois ans, cela en fait des heures. Bien qu'incroyable, j'ai adoré ces séances d'atelier, j'étais devenu comme mes camarades, un virtuose de la précision.

Le plan, la perpendiculaire, le parallélisme, les angles ... les dimensions, la zone de tolérance, le centième de millimètre ...  n'étaient pas des notions abstraites.  On ressentait cette précision géométrique avec notre corps. Nos yeux, rivés à la surface métallique brillante comme une glace, conduisaient la main qui façonne.   Par avance, notre tête ajustait les surfaces qui après 20 heures d'un travail méticuleux glisseront parfaitement l'une contre l'autre. L'épreuve ultime, celle qui vous qualifiait ajusteur de précision s'appelait  "Queue d'aronde à onglet"

J'étais très bon élève; en mathématiques, dessin industriel, physique, atelier, sport,  ... en tout; sauf en Français où j'étais très moyen. Et pourtant, j'aimais la lecture, je dévorais les livres, dois-je dire que je les consommais ? Peut être ! Je ne suis pas de ceux qui annotent les pages, soulignent les phrases, retiennent les citations. Je me laisse embarquer par l'aventure. J'épouse les thèses d'un auteur et suis émerveillé par ce qu'il expose, les idées qui fusent, le monde qu'il explique. Puis, j'oublie, je ne retiens pas, je suis incapable de réciter. Apprendre un texte, retenir pour répéter, je ne sais pas.

Je suis imprégné de ce que je fais. J'ai besoin d'expérience, de démonstration, le résultat obtenu  me convaincra. Plus que la mémoire, je refais le parcours d'une démonstration. J'ai besoin  pour expliquer aux autres, d'être capable moi même. L'abstraction n'est pas ma force, enseigner sans avoir appliqué, je ne savais pas. Dans ma soif d'apprendre, j'ai vite atteint mes limites, lorsque les modèles sont devenus trop abstraits, je ne savais plus faire ...

Ces années d'apprentissage, debout devant l'établi à limer le fer m'ont elles façonné ainsi?
Je sais, qu'elles m'auront appris la patience, elles m'auront donné l'ambition d'évoluer en visant plus haut.
Mon père avait raison, d'abord un métier, après tu feras des études.
Je lui en avais voulu, aujourd'hui, je le remercie.




   

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La Dame de Nage 16/02/2009 11:34

"Plus que la mémoire, je refais le parcours d'une démonstration. J'ai besoin  pour expliquer aux autres, d'être capable moi même." Point commun. Quand Ex, décida de se présenter au cours OCQ 75 (Officier Chef de Quart) il lui fallait connaître les formules de calcul des aires. Pour celle du triangle, je lui ai refait la démonstration (je n'étais pas encore instit à 'époque). Pour lui, il fallait les apprendre, pour moi, il fallait les maîtriser.À l'EN, le prof de philo m'en fit la remarque : "Nous arrivons aux mêmes conclusions, vous au ras des pâquerettes et moi, par la pensée.— Au ras des marguerites, Monsieur ! Ça permet d'arriver plus haut !"Aujourd'hui encore, j'ai besoin du concret pour cheminer dans mes réflexions.Peut-être que si les jeunes en côtoyaient plus dans notre société, ils n'auraient pas besoin de chercher de repères pour se construire. Qui plus est apprendre un métier manuel permet d'obtenir un résultat. Souvent j'ai besoin de coudre quand arrivent les vacances, simplement pour retrouver mes bases. Dans mon métier, on ne mesure pas toujours le travail effectué, quand je couds, je peux évaluer l'objet que j'ai réalisé.

joce 15/02/2009 18:37

De beaux souvenirs encore... Moi, c'était les maths, physique et chimie qui me boudaient. Sacré trio !Bonne soirée Christian !

sevyred 15/02/2009 18:32

Bonjour Christian,je suis d'accord avec toi que la meilleure expérience on l'atteint dans le travail (on acquiert beaucoup de maturité confrontés au monde professionnel).Je te souhaite une bonne soiréeBIZZZZZ

Anne-Ma 14/02/2009 00:53

J'aime bien tes souvenirs, il y a une certaine tendresse quand tu les racontes.

Mrs K 12/02/2009 21:52

J'aime bien quand tu racontes toi aussi ton temps "d'avant". Moi (mais chuut) c'est en maths que j'étais très mauvaise !