Le temps de la productivité ?

Publié le par Christian


Diverses notes lues ailleurs, me conduisent à témoigner combien le temps était au coeur de mon activité professionnelle. L'attente,  l'instant, le délai, le prévisionnel, le réel ... sont les qualificatifs du temps en milieu industriel.
Le temps passé est facile à mesurer, vous y joignez des quantités, des hommes, des machines, des espaces ... que vous valorisez avec des coûts et vous disposez alors des principaux ingrédients d'une entreprise de production.
Mon travail d'enseignant et de formateur en milieu industriel avait pour objectif : Améliorer la productivité.
J'en parle aujourd'hui, (vingt ans déjà) parce que cet objectif a encore été rappelé ce soir au journal TV par Monsieur Fillon, deux jours avant la grève du 29 janvier 2009.

C'est donc toujours d'actualité ?

Le qualitatif et le quantitatif se mesurent. Dans les ateliers où j'intervenais, je formais les personnels à observer et mesurer le travail et le non travail. On traquait le temps passé à produire de la non qualité qui ne se vend pas.  On était  consterné et on notait le temps qui s'écoulait à  attendre et ne rien faire. On comptabilisait soigneusement le temps passé à ajouter de la valeur.
Pour être compétitif, on savait que faire : Il n'y avait pas de temps à perdre.
Les années 1980 et début 90 furent au coeur de la réorganisation industrielle avec " Le just in time" pour viser  "Le flux tendu" . Nos entreprises industrielles avec un personnel formé, compétant et impliqué, fera que la France a aujourd'hui  encore, un des meilleurs taux de productivité.

Où cela aura-t-il conduit ? Je cite un exemple qui s'est déroulé sur cinq années.

Dans une  entreprise de production pharmaceutique de la cote d'Azur, les résultats sur les gains de productivité furent exemplaires au point de transférer sur la région niçoise la production d'autres usines Européennes qui fermaient leur site de production. La maison mère donneur d'ordre n'était pas en France et les ficelles étaient tirées par les patrons qui adaptaient le cours des matières premières aux résultats de 
l'entreprise de production  contrainte d'acheter à ce seul fournisseur. Les gains énormes engrangés par l'excellente productivité des personnels de l'usine allaient engraisser encore plus le donneur d'ordre qui maintenait sur le fil du rasoir le bilan comptable avec la complicité d'une Direction locale qui achetait la matière première au prix fort, très fort. Cette usine en région PACA avait bénéficié pour être implantée sur le site de Sophia Antipolis de larges subventions.
Ce site de production a était fermé pour être cédé à un sous-traitant encore plus exploité.

C'était d'actualité ll y a plus de cent ans.( Sciences Humaines )

".. l’état stationnaire, la croissance zéro, une perspective envisagée avec fatalisme par D. Ricardo, mais avec un certain optimisme par John Stuart M
ill (1806-1873) ou, plus près de nous, par John Maynard Keynes (1883-1946). Grâce au progrès technique, les hommes auront besoin de quantités décroissantes de travail pour obtenir le même niveau de production (6). À quand la semaine de quinze heures ? "

J'étais un militant des 35 heures tellement suffisantes pour produire et aujourd'hui, je suis toujours favorable à la diminution du temps de travail.

Et nos dirigeants, que disent-ils de faire ?

Ne serait-ce que pour ça ! Je serai dans la rue le 29 janvier 2009.



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séverine 02/02/2009 19:31

Bonjour Christian, de passage sur ton blog entre deux révisions pour les oraux de mon concours d'attaché territorial. Ton blog est toujours plein d'énergie. Ca me fait plaisir de voir des personnes aussi actives que toi, toujours pleine d'idées, de projets, de convictions ...Bonne continuation et à bientôtsi tu passes un jour sur Lille, fais-moi signe!

L U C 02/02/2009 19:20

Bonsoir Cher Christian,Je viens seulement ce soir de lire ton dernier billet, c'est à mes yeux la démonstration véritable, car vécue, du mensonge que nous font encore aujourd'hui nos dirigeants.Je crains que les milliards d'Euros publics engagé par l'état pour " sauver " les banques ne suivent le même processus : de l'argent public va épauler des sociétés qui, besoin ou pas, n'enrichiront pas tout le monde.Bravo pour cet article et pour ton blog Cher Christian.

Djeannot 31/01/2009 18:23

Kikou. Pfffooouuuuu....! Je me suis épuisé à lire. Je suis un poëte, je dirai même je suis "cartésien désabusé" - Je pense donc je suis, mais je m'en fout... Tiens je ne sais même pas écrire "je m'en tape."Bon jours

Dominique Boy-Mottard 30/01/2009 22:10

Pour les 35 h, nous restons au moins deux...

Teb 28/01/2009 13:37

Ce qui me gêne, dans tout ça, c'est le profit à tout prix, même et surtout au prix de déshabiller Pierre qui bosse pour habiller Paul qui "engrange"...