Rodeilhac

Publié le par Christian


rodheillac
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L'image d'en haut, je l'ai récupérée dans le livre de Djeannot  "les Minots". C'est une photo que je situe vers les années 1920, elle est très importante pour moi, j'explique ci après pourquoi.
Celle en dessous, trouvée sur Internet, représente le même lieu récemment, la photo est prise d'un peu plus loin, depuis l'angle de la rue où était une boulangerie, y est elle encore ?

Qu'y a-t-il derrière ce grand mur de 2,5 m de haut. Cette grande muraille clôt un parc d'une dizaine d'hectares. Au dessus du mur un enchevêtrement de fils de fer barbelés que l'on ne voit pas sur la photo laisserait imaginer que derrière, c'est la prison, avant, c'étaient des tessons de bouteilles qui couronnaient ce faîtage.

Pendant la guerre de 40, un sous-marinier passait ses permissions à la boulangerie en faisant le mitron. Le boulanger était Provençal originaire de Cabasse, la boulangère Bretonne de Clohars-Carnoët était la tante du marin.
Entre ces murs, habitait avec ses parents une jeune fille de 18 ans, cette famille originaire du quartier St Roch à Nice, découvrait Toulon sous les bombardements et les restrictions.
Le marin avait vite remarqué la jeune fille à qui il donnait en cachette quelques tickets de rationnement. Pendant la guerre, le pain était une denrée rare.

Je suis l'aîné de quatre enfants, la jeune fille et le marin, sont mes parents. Pour éviter les bombes, je vins au monde à Hyères, c'était en 1944 au mois de Mars.
On pénètre dans ce parc par un grand portail dont on aperçoit les colonnes (photo du haut) et un petit portail situé au milieu de la rue qui part à gauche et conduit vers l'école maternelle.
En franchissant le petit portail en janvier 1950, j'apprenais en rentrant de l'école, la naissance de mon petit frère, la sage femme sortait alors que j'arrivais, c'était midi, il faisait froid. Ce souvenir est aujourd'hui encore très vivace ...

Je cours dans l'allée de troènes qui longe le mur à gauche, je tourne à droite entre  les Lilas qui cachent la guérite d'un garde en pompon rouge, Mirza et Médor à ma rencontre  tournoient joyeusement, la maison tout là bas  appuyée
au grand mur est cachée par les platanes, le kikou en culotte courte franchit le seuil et gravit quatre à quatre les escaliers vers le premier étage.
Maman Maman !



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Claudio 09/12/2008 17:46

Pour un billet, c'est un billet ! Que dis-je un billet ? C'est un coffre-fort, une banque, la Banque de France !Magnifique. Comme je les aime... simples et doux.L'impression de te retrouver un peu Christian ( à cause des olives tout ça)Merci

joye 09/12/2008 15:10

Joli rétro, bout de chou retrouvé à Hyères. J'aime l'idée que tu sois né pendant la guerre, un peu de joie dans tout ce misère, quoi.